Je souhaiterai donner quelques notions simples de gestion de l’humidité dans un milieu clos et isolé.

3 grands principes :

1) il faut évacuer la vapeur produite par les organismes vivants dans un milieu clos si l’on veut éviter tout développement de champignons et autres organismes parasitaires.
- soit on choisit des parois extérieures de la ruche qui laissent passer naturellement la vapeur d’eau produite par les occupants de la ruche (c’est le cas pour toutes les parois en matériaux naturels tels que bois, laine de bois, paille, plâtre, carton, etc). On obtient ainsi un système autorégulé et très tolérant. C’est l’idéal car toute la ruche respire.
- soit on crée une circulation d’air pour évacuer l’air vicié et chargé en humidité vers l’extérieur (ventilation naturelle ou ventilation mécanique) par des orifices en nombre suffisant, si on choisit des parois extérieures de la ruche qui ne laissent pas passer la vapeur d’eau produite par les occupants de la ruche.

Il est donc tout à fait proscrit de :
- fermer hermétiquement une ruche dont les parois sont constituées de matériaux imperméables (tôle, plexiglas, verre, polystyrène mais aussi toute construction revêtue de peinture imperméables tels que laques, lasures, vernis, etc), en hiver comme en été !
- recouvrir les matériaux poreux (bois, isolations naturelles, laines minérales, pierres calcaires, etc) de peinture imperméables tels que laques, lasures, vernis, etc. ou tôles car ils stockeraient l’humidité et il pourrait s’y développer des champignons et autres organismes parasitaires.

2) Il faut veiller à ne pas bloquer la vapeur présente dans les différentes couches des parois isolées (couvre-cadre / isolation / toit par exemple) pour favoriser l’évacuation de la vapeur d’eau migrant à l’intérieur des matériaux et éviter la condensation qui pourrait s’y produire (point de rosée).

3) Il faut veiller à avoir un degré de perméabilité à la vapeur d’eau croissant dans les différentes couches des parois isolées en partant de la source chaude (intérieur de la ruche) vers la source froide (l’extérieur de la ruche).
Les matériaux doivent par exemple avoir des cellules de plus en plus ouvertes au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la source de chaleur (l’essaim).

On peut donc concevoir les coussins ainsi :
- un fond en toile de jute que les abeilles propoliseront selon leurs besoins,
- une isolation en laine de bois, en copeaux, en feuilles d’arbre ou en vieux journaux.
- un espace ventilé en permanence au dessus de l’isolation pour pourvoir évacuer la vapeur produite par l’essaim (en toutes saisons) et traversant les différentes couches des parois du coussin.

Cette espace ventilé en permanence au dessus de l’isolation ne diminue en rien les performances de l’isolation.
Au contraire : plus il y a d’humidité dans un isolant plus ses performances diminuent !
Je rappelle que l’humidité vient toujours de l’intérieur de la ruche et jamais de l’extérieur (sauf défauts de conception de la ruche).

On en conclut donc que :
- les isolants tels que le polystyrène, polyuréthane, liège (en plaque), etc sont à proscrire totalement, à moins de mettre une ventilation permanente dans la ruche et en toute saison.
- les couvertures étanches tels que tôle, bitume etc, mais aussi les feuilles de plastic sous le coussin, doivent impérativement être ventilées par le dessous pour ne pas bloquer la vapeur d’eau produite par les organismes vivants à l’intérieur de la ruche.

Je déconseille l’emploi de frein-vapeur utilisés dans le bâtiment !!!